S.E.N.S : Accompagnement en santé mentale du sportif

  • Accueil
  • Les Accompagnements
  • Blog
  • …  
    • Accueil
    • Les Accompagnements
    • Blog

S.E.N.S : Accompagnement en santé mentale du sportif

  • Accueil
  • Les Accompagnements
  • Blog
  • …  
    • Accueil
    • Les Accompagnements
    • Blog

Le corps communique : alimentation, blessures, surentrainement..

Article n°5 : Nutrition Sportive & Mentale

· Nutrition sportive et Nutrition mentale

Le corps communique :

Alimentation, blessures et surentraînement

Quand le corps envoie des signaux que nous ne savons plus écouter

Dans l'univers du sport et de la performance, une idée persiste : les blessures seraient le fruit du hasard ou d'une charge d'entraînement mal dosée. Pourtant, la recherche scientifique révèle une réalité plus complexe. Les blessures sont souvent le signal d'un corps qui s'épuise, privé des ressources nécessaires à sa récupération et à sa protection. Ce phénomène porte un nom scientifique : le syndrome de Déficit Énergétique Relatif dans le Sport (REDs - Relative Energy Deficiency in Sport). Reconnu par le Comité International Olympique (CIO) depuis 2014 et actualisé en 2023, ce syndrome illustre parfaitement comment une disponibilité énergétique insuffisante peut conduire à une cascade de dysfonctionnements affectant la santé et la performance. Selon une méta-analyse récente publiée en 2024, près de 45% des athlètes présenteraient une faible disponibilité énergétique, et jusqu'à 63% seraient à risque de REDs (Low Energy Availability and Relative Energy Deficiency in Sport, PubMed, 2024).

1. Les signaux d'alerte nutritionnels : quand le corps manque de ressources

Le corps humain est une machine remarquable qui communique en permanence ses besoins. Lorsque l'apport énergétique devient insuffisant par rapport à la dépense, plusieurs systèmes d'alarme s'activent. Reconnaître ces signaux est la première étape vers la prévention.

La fatigue persistante

Contrairement à la fatigue normale après l'entraînement, la fatigue liée au déficit énergétique ne disparaît pas avec le repos. Elle s'installe de manière chronique et s'accompagne souvent d'une baisse de motivation. Selon le consensus IOC 2023, cette fatigue résulte d'une diminution de l'activation sympathique et d'une dominance parasympathique qui inhibe la performance (Mountjoy et al., British Journal of Sports Medicine, 2023).

La baisse d'immunité

Les infections à répétition - rhumes, angines, infections respiratoires - constituent un signal d'alerte majeur. La recherche montre que le déficit énergétique supprime la fonction immunitaire, rendant les athlètes plus vulnérables aux infections et prolongeant les périodes de récupération après maladie. Le Children's Hospital deBoston rapporte que le REDs peut altérer l'immunité de manière significative, augmentant la fréquence des infections et des rhumes.

Les troubles digestifs

Une étude publiée dans ScienceDirect révèle que 47% des patients présentant un REDs rapportent des effets gastro-intestinaux incluant nausées, diarrhées, douleurs abdominales, ballonnements et perte d'appétit. Le déficit énergétique sévère modifie également le microbiote intestinal, comme l'ont démontré des recherches sur des militaires en situation de restriction calorique prolongée.

La perte d'appétit paradoxale et les fringales incontrôlées

Ces deux extrêmes peuvent coexister chez le même individu. La restriction prolongée perturbe les hormones de régulation de l'appétit, notamment la ghréline et la leptine. D'un côté, le corps peut « éteindre » les signaux de faim pour s'adapter au manque ; de l'autre, des épisodes de fringales incontrôlables surviennent lorsque le système de régulation est dépassé. Comme l'explique une publication de Fueling For Recovery (2025), la restriction crée physiologiquement un comportement de recherche alimentaire intensifié et une préoccupation mentale constante autour de la nourriture.

2. Le lien entre restriction, mental et blessure

La relation entre restriction alimentaire et risque de blessure n'est pas seulement métabolique - elle est aussi profondément psychologique. Le consensus IOC 2023 souligne explicitement l'interaction entre santé mentale et REDs, reconnaissant que les problèmes psychologiques peuvent à la fois précéder et résulter du syndrome.

Le sportif qui se prive

La privation alimentaire chronique déclenche une cascade d'effets néfastes. Une étude de Penn State University démontre que le stress spécifique au sport est directement corrélé aux attitudes alimentaires malsaines : plus le stress est élevé (notamment en pleine saison), plus les athlètes développent des comportements restrictifs qui compromettent leur apport calorique. Les conséquences sur le tissu osseux sont particulièrement documentées. Une étude japonaise portant sur 390 athlètes féminines a révélé que le risque de fracture de stress était multiplié par 12,9 chez celles présentant une aménorrhée secondaire et par 4,5 chez celles ayant une faible densité minérale osseuse (PMC - Nutritional Risks among Adolescent Athletes, 2021).

Le sportif qui se contrôle trop

Le perfectionnisme et le contrôle excessif sont des traits fréquemment observés chez les athlètes à risque. Selon la National Eating Disorders Association, l'environnement sportif peut exacerber ces tendances lorsqu'il met l'accent sur le poids, la composition corporelle ou des objectifs esthétiques. Les entraîneurs focalisés principalement sur la performance plutôt que sur l'athlète dans sa globalité contribuent à créer un terrain propice aux troubles.Une recherche publiée dans ScienceDirect (RED-S and Bone Stress Injuries, 2023) établit qu'une motivation élevée vers la minceur - mesurée par l'Eating Disorder Inventory - est associée à des marqueurs physiologiques défavorables : faible disponibilité énergétique, niveaux de T3 réduits et taux de ghréline élevés.

Le sportif qui ne s'écoute pas

L'un des pièges les plus insidieux est la capacité des athlètes à ignorer les signaux de leur corps. Comme le note l'article de l'ANAD (2025), les athlètes développent une tolérance élevée à la douleur qui les aide à dépasser leurs limites - mais qui peut aussi les empêcher de reconnaître une blessure jusqu'à ce qu'elle devienne grave. Le syndrome de surentraînement (Overtraining Syndrome) illustre parfaitement ce phénomène. Selon la Cleveland Clinic, jusqu'à deux tiers des coureurs d'élite connaîtront un épisode de surentraînement au cours de leur carrière. La récupération peut prendre des semaines, voire des mois, et certains dommages peuvent être irréversibles.

L'affaiblissement du système de récupération

La restriction énergétique compromet directement la capacité de récupération. La synthèse protéique musculaire diminue, la réparation tissulaire ralentit, et le système hormonal se dérègle. Selon la NSCA (National Strength and Conditioning Association), les athlètes en situation de REDs présentent une récupération prolongée après l'entraînement, des courbatures persistantes quelle que soit l'intensité, et des blessures récurrentes. Ces signaux, souvent attribués à l'entraînement lui-même, sont en réalité les manifestations d'un corps en déficit.

3. Nutrition consciente et prévention : une approche globale

La prévention du REDs et du surentraînement repose sur un changement de paradigme : passer d'une culture de la restriction à une culture de l'alimentation suffisante et adaptée.

Manger suffisamment, c'est respecter son corps

Le consensus IOC 2023 recommande un objectif de disponibilité énergétique d'environ 45 kcal par kg de masse maigre et par jour pour un fonctionnement optimal. Pour les adolescents en croissance, ce besoin est encore plus élevé. Les athlètes en déficit peuvent avoir besoin d'augmenter leur apport de 300 à 600 kcal par jour pour restaurer l'équilibre énergétique (American Academy of Orthopaedic Surgeons, OrthoInfo). Cette restauration énergétique doit s'accompagner d'une supplémentation adéquate en vitamine D (32 à 50 mcg/jour) et en calcium (1200 mg/jour) pour soutenir la santé osseuse.

Manger suffisamment, c'est prévenir les blessures

La méta-analyse de 2024 sur le REDs démontre clairement que les athlètes présentant une faible disponibilité énergétique ont une probabilité accrue d'absence à l'entraînement due à des maladies et des blessures. La prévention passe par une identification précoce des athlètes à risque à l'aide d'outils validés comme le questionnaire LEAF (Low Energy Availability in Females) ou l'outil IOC REDs CAT2 introduit en 2023. Selon la Stanford Female Athlete Program, la correction précoce du déficit énergétique permet de prévenir le développement des symptômes de REDs, de réduire le risque de fractures de stress et d'optimiser les bénéfices de l'entraînement.

Manger suffisamment, c'est soutenir la longévité sportive

Les conséquences à long terme du REDs peuvent compromettre définitivement une carrière sportive. Les altérations de la santé osseuse, en particulier, peuvent prendre des mois, voire des années, à se normaliser (PMC - Scientific, Clinical, and Practical Implications). L'article de PMC sur les troubles alimentaires dans le sport rappelle que les sportifs souffrant de troubles alimentaires peuvent s'attendre à être plus sujets aux blessures et à avoir une carrière plus courte, marquée par des performances irrégulières.

Manger suffisamment, c'est préserver le mental

La nutrition influence directement la santé mentale. Selon les recherches de Montana State University Athletics, des carences nutritionnelles perturbent le fonctionnement cérébral normal car le cerveau nécessite un flux constant d'énergie. La production de sérotonine, le neurotransmetteur du « bonheur », dépend d'un microbiote intestinal sain, lui-même tributaire d'une alimentation équilibrée en fibres et probiotiques. Les athlètes adolescentes présentant une aménorrhée hypothalamique fonctionnelle ont des taux plus élevés de dépression, de troubles psychosomatiques et une capacité réduite à gérer le stress.

Conclusion : La blessure, un frein ou un message ?

Chaque blessure raconte une histoire. Parfois, elle témoigne d'un accident, d'une charge mal dosée, d'un geste technique défaillant. Mais souvent, elle est le symptôme visible d'un déséquilibre plus profond - un corps qui manque de ressources, un système de récupération affaibli, un mental sous pression. Le consensus IOC 2023 sur le REDs marque un tournant dans notre compréhension de ces mécanismes. En reconnaissant officiellement que le déficit énergétique affecte tous les systèmes du corps - métabolique, hormonal, osseux, immunitaire, cardiovasculaire, gastro-intestinal et psychologique - la communauté scientifique nous invite à repenser notre approche de la performance sportive. La vraie performance durable ne repose pas sur la privation, mais sur l'écoute attentive des signaux que notre corps nous envoie. Comme le souligne le Dr Richard Budgett, Directeur médical et scientifique du CIO : le syndrome de REDs passe souvent inaperçu des athlètes eux-mêmes, de leurs entraîneurs et de leurs équipesmédicales, et peut être involontairement exacerbé par une « culture sportive » qui valorise les gains de performance à court terme liés à la restriction calorique. Alors, la prochaine fois qu'une blessure survient, posez-vous la question : est-ce un frein à éliminer au plus vite, ou un message à écouter avec attention ?

Votre corps communique. Apprenez à l'entendre.

Références scientifiques

1. Mountjoy M, et al. (2023). 2023 International Olympic Committee's (IOC) consensus statement onRelative Energy Deficiency in Sport (REDs). British Journal of Sports Medicine, 57(17):1073-1097.

2. Low Energy Availability and Relative Energy Deficiency in Sport: A Systematic Review and Meta-analysis. PubMed, 2024.

3. Relative Energy Deficiency in Sport (RED-S): Scientific, Clinical, and Practical Implications for theFemale Athlete. PMC, 2022.

4. Burke LM, et al. (2023). Mapping the complexities of Relative Energy Deficiency in Sport (REDs):development of a physiological model. British Journal of Sports Medicine, 57(17):1098-1108.

5. Overtraining Syndrome: A Practical Guide. PMC/Sports Health, 2012.

6. Cleveland Clinic. Overtraining Syndrome: Symptoms, Causes & Treatment Options. 2025.

7. National Strength and Conditioning Association (NSCA). Relative Energy Deficiency in Sport(REDs) – Awareness, Identification, and Management. 2025.

8. American Academy of Orthopaedic Surgeons (AAOS). Relative Energy Deficiency in Sport (REDs).OrthoInfo.

9. Penn State University. Sport-related stress may affect whether college athletes eat enoughcalories. 2023.

10. Nutritional Risks among Adolescent Athletes with Disordered Eating. PMC/Nutrients, 2021.

11. National Eating Disorders Association (NEDA). Eating Disorders and Athletes. 2025.

12. Sport and Eating Disorders - Understanding and Managing the Risks. PMC, 2012.

13. Stanford Female Athlete Science and Translational Research Program. Relative EnergyDeficiency in Sport (RED-S).

14. Relative Energy Deficiency in Sport (RED-S) and Bone Stress Injuries. ScienceDirect, 2023.

15. Children's Hospital Boston. Relative Energy Deficiency in Sport (REDs).

16. Montana State University Athletics. Nutrition and Mental Health.

17. ANAD (National Association of Anorexia Nervosa and Associated Disorders). Athletes and EatingDisorders. 2025.

18. UW Medicine/Right as Rain. When Calorie Restriction in Sports Goes Too Far. 2024.

Billet précédent
Les 7 pensées qui font chuter la performance… et comment...
Billet suivant
Le masque du sportif fort : Quand l'identité bloque l'...
 Revenir au site
strikingly iconPropulsé par Strikingly
Utilisation des cookies
Nous utilisons des cookies pour améliorer l'expérience de navigation, la sécurité et la collecte de données. En acceptant, vous consentez à l'utilisation de cookies à des fins publicitaires et d'analyse. Vous pouvez modifier vos paramètres de cookies à tout moment. En savoir plus
Accepter tout
Paramètres
Refuser Tout
Paramètres des Cookies
Cookies nécessaires
Ces cookies sont destinés pour des fonctionnalités de base telles que la sécurité, la gestion du réseau et l'accessibilité. Ces cookies ne peuvent pas être désactivés.
Cookies pour les statistiques
Ces cookies nous aident à mieux comprendre comment les visiteurs interagissent avec notre site web et nous aident à découvrir les erreurs de navigation.
Préférence pour les Cookies
Ces cookies permettent au site web de se souvenir des choix que vous avez faits afin de fournir une fonctionnalité et une personnalisation améliorées.
Enregistrer