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Le masque du sportif fort : Quand l'identité bloque l'émotion

Article n°5 : Identité sportive

· Identité sportive

Le masque du sportif fort :

Quand l'identité bloque l'émotion

Ce que la science nous dit sur la suppression émotionnelle et son impact sur la performance Le monde du sport cultive un ensemble de valeurs profondes : la force, le mental d'acier, la dureté, le dépassement de soi, la maîtrise totale. Ces qualités, célébrées comme les piliers de la performance, façonnent une culture où montrer ses émotions est souvent perçu comme un signe de faiblesse. Résultat : des sportifs qui ne s'autorisent plus à ressentir. Des athlètes qui portent un masque si lourd qu'ils finissent par oublier leur propre visage émotionnel. Or, la recherche scientifique révèle une vérité contre-intuitive : la suppression émotionnelle, loin d'améliorer la performance, la compromet. Pire encore, elle expose l'athlète à un risque accru de blessures, d'anxiété et d'épuisement professionnel.

1. Le masque de la force : une armure qui emprisonne

C'est l'identité qui murmure : « Je dois être fort. Je n'ai pas le droit d'être vulnérable. » Ce masque protège, mais il emprisonne.

La suppression expressive : une stratégie maladaptative

En psychologie, ce phénomène porte un nom précis : la suppression expressive (Expressive Suppression). Contrairement à la réévaluation cognitive - qui consiste à recadrer une situation pour modifier son impact émotionnel -, la suppression expressive implique un contrôle effortif pour inhiber les expressions émotionnelles. Une étude longitudinale publiée en 2025 dans PMC, menée sur 93 jeunes athlètes d'élite suédois, révèle une corrélation significative : plus l'utilisation de la suppression expressive est élevée, plus la santé mentale se dégrade (β = 0.34, p < 0.001). À l'inverse, la réévaluation cognitive prédit une meilleure santé mentale (β = −0.33, p < 0.001).

Un phénomène répandu dans la culture sportive

Selon Mass General Brigham, les athlètes développent souvent une grande capacité à masquer leurs comportements. Habitués à tolérer l'inconfort et à pousser leur corps au-delà de ses limites - souvent malgré la douleur -, ils peuvent devenir experts dans l'art de dissimuler leurs symptômes émotionnels. Cette capacité à « masquer », valorisée dans l'arène sportive, devient problématique lorsqu'elle s'étend à la vie émotionnelle. L'athlète finit par perdre contact avec ses propres signaux internes.

2. Les conséquences émotionnelles : quand le corps parle à la place du cœur

Lorsque les émotions ne trouvent pas de voie d'expression, elles se manifestent autrement. Le corps devient le porte-parole d'un cœur réduit au silence.

Anxiété et symptômes dépressifs

Une étude publiée en janvier 2025 dans Scientific Reports (Nature) sur 272 athlètes canadiens démontre que la dysrégulation émotionnelle est directement et positivement associée aux symptômes de dépression et d'anxiété. Les chercheurs Bird et al. ont identifié que l'utilisation de la suppression expressive est positivement corrélée aux symptômes dépressifs chez les étudiants-athlètes.

Explosions de colère et irritabilité

Les signes émotionnels du stress incluent la colère, l'irritabilité, l'anxiété, la tristesse, une motivation diminuée et une autocritique excessive (Gunter Psychological Services). Ces manifestations surviennent précisément parce que l'émotion refoulée cherche une sortie.

Blessures récurrentes

Le lien entre santé mentale et risque de blessure est solidement établi. Une étude publiée dans PMC démontre que le stress vital, l'anxiété, la méfiance et les stratégies d'adaptation inefficaces permettent de prédire le risque de blessure avec succès chez 67% des athlètes. Les athlètes qui ont rapporté un symptôme de maladie causant de l'anxiété avaient 5 fois plus de risques de se blesser lors des compétitions.

Insomnies et troubles du sommeil

Les études montrent que les athlètes dorment moins bien que la population moyenne, tant en qualité qu'en durée (PMC, 2023). Le stress chronique, les émotions refoulées et la difficulté à « déconnecter » du mode performance perturbent les mécanismes responsables des rythmes circadiens.

Stress chronique et burnout

Selon une étude publiée dans Frontiers in Psychology (2024), des niveaux de stress élevés peuvent générer des phénomènes de burnout. Le surmenage à l'entraînement est lié à une détérioration des fonctions immunitaires, une augmentation des émotions négatives et une fatigue accrue. Les échecs répétés pour faire face aux demandes conduisent au burnout sportif, entraînant retrait du sport, faible estime de soi et perte d'identité athlétique.

3. Pourquoi le refoulement tue la performance

La suppression émotionnelle n'est pas une stratégie neutre. Elle a un coût cognitif, énergétique et physiologique direct sur la performance.

Une émotion non exprimée se manifeste autrement

Selon le Sports Injury Bulletin, le stress émotionnel peut déclencher l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA) et augmenter les niveaux de cortisol. Si le stress persiste, les niveaux de cortisol peuvent devenir dysfonctionnels, entraînant une inflammation excessive, de la douleur, de la fatigue et des problèmes de santé mentale. Le stress prolongé peut résulter en une inflammation induite par l'hypocortisolisme, facteur contributif à l'ostéoporose, aux douleurs lombaires chroniques, aux douleurs articulaires et au syndrome de fatigue chronique.

Elle prend de l'espace mental

La fatigue mentale peut être résumée comme la lassitude ou le manque d'énergie dû à la forte tension exercée sur le cerveau. Elle altère la performance cognitive, ce qui a été lié à des fonctions exécutives altérées, comme une attention dirigée réduite et des réactions moins précises (Trine University, citant Sun et al., 2021).

Elle perturbe la coordination

Une recherche de Montana State University Athletics confirme que les défis de santé mentale impactent significativement la performance athlétique. La perte de sommeil endommage la capacité de l'athlète à récupérer de l'entraînement et à apprendre de nouveaux patterns moteurs. La perte d'intérêt, la colère et l'engourdissement émotionnel rendent presque impossible l'engagement complet dans l'entraînement.

Elle consomme de l'énergie

Gross et John suggèrent que la suppression expressive est liée à une capacité diminuée à réparer l'humeur. Les jeunes athlètes d'élite qui s'appuient sur la suppression pourraient être incapables d'atténuer l'impact des demandes croissantes sur leur santé mentale (PMC, 2025). Cette dépense énergétique constante pour maintenir le masque prive l'athlète de ressources précieuses pour la performance.

Elle augmente le stress et le risque de blessure

Le stress psychologique est associé à des niveaux élevés de cortisol. En cas de stress chronique, les athlètes peuvent être plus fréquemment sujets aux blessures et aux maladies en raison d'une efficacité réduite du système immunitaire (Perna et al., 1998, cité dans Frontiers in Psychology). Canyon Sports Therapy ajoute que des niveaux élevés de cortisol peuvent supprimer le système immunitaire et inhiber l'inflammation, deux processus essentiels pour combattre les dommages liés aux blessures.

4. L'EFT pour retirer le masque en sécurité

Face à ces constats, une question émerge : comment permettre aux athlètes d'accéder à leurs émotions sans se sentir submergés ? Comment retirer le masque tout en préservant le sentiment de contrôle si cher au sportif ? L'EFT (Emotional Freedom Techniques), également appelé « tapping », offre une réponse prometteuse, validée par une base croissante de recherches scientifiques.

Une méthode validée scientifiquement

Selon une revue systématique publiée dans Frontiers in Psychology (2022), l'EFT clinique est une pratique validée comme « fondée sur les preuves » selon les critères de l'American Psychological Association (APA) Division 12. Elle combine des éléments de thérapie cognitive et d'exposition avec l'acupression. Une revue de plus de 50 études de recherche (Cleveland Clinic, 2022) a trouvé que l'EFT est modérément à largement efficace dans la gestion de diverses conditions, incluant l'anxiété, les phobies, la dépression, le TSPT, l'insomnie, la douleur et la performance athlétique.

Des résultats mesurables chez les athlètes

Une étude contrôlée randomisée publiée dans l'Open Sports Sciences Journal (Church, 2009) a démontré qu'une session de 15 minutes d'EFT améliore significativement la performance aux lancers francs chez des joueurs de basketball universitaires PAC-10. Le groupe traité a amélioré sa performance de 20,8% en moyenne, tandis que le groupe contrôle a diminué de 16,6% (p < 0.03). Plus récemment, une étude de 2024-2025 sur 29 athlètes de taekwondo élite a montré qu'après 10 sessions d'EFT, le groupe d'intervention présentait des réductions significatives de l'anxiété cognitive, de l'anxiété somatique et du cortisol salivaire, ainsi qu'une augmentation de la confiance en soi (Mollazadeh et al., Sports Medicine Research and Practice, 2025).

Comment l'EFT permet de libérer les émotions

L'EFT permet :

• D'exprimer sans se submerger : La technique offre un cadre structuré où l'athlète peut contacter ses émotions tout en maintenant une régulation physiologique grâce à la stimulation des points d'acupression.

• De libérer sans perdre le contrôle : Les études montrent des baisses significatives du cortisol (-37%), de la fréquence cardiaque au repos (-8%), et de la pression artérielle après une intervention EFT (PMC, 2019).

• D'accueillir sans se juger : L'EFT intègre des éléments d'acceptation cognitive qui permettent à l'athlète de reconnaître ses émotions sans autocritique. Un sportif qui ressent est un sportif plus humain. Et donc… plus performant.

Conclusion : La vraie force n'est pas l'absence d'émotion

La culture sportive nous a enseigné que les émotions sont des obstacles à la performance. La science nous révèle l'exact opposé : ce n'est pas l'émotion qui handicape le sportif, mais sa suppression. Les athlètes qui possèdent un large répertoire de stratégies d'adaptation gèrent les situations stressantes plus efficacement et atteignent des niveaux optimaux d'anxiété et d'activation. Cela a un impact positif sur la performance (Frontiers in Psychology, 2024).La vraie force n'est pas l'absence d'émotion.

C'est la capacité à les accueillir.

Retirer le masque ne signifie pas devenir faible. Cela signifie devenir complet. Un athlète connecté à ses émotions dispose d'une intelligence supplémentaire - celle du corps, celle du cœur - qui guide ses décisions, protège son intégrité physique et soutient sa performance durable.

Et si la prochaine révolution de la performance sportive n'était pas dans les équipements ou les protocoles d'entraînement, mais dans le courage d'être pleinement humain ?

Références scientifiques

1. Emotion Regulation and Mental Health in Young Elite Athletes. PMC, 2025.

2. Emotion dysregulation, performance concerns, and mental health among Canadian athletes. Scientific Reports (Nature), January 2025.

3. How Mental Health Affects Injury Risk and Outcomes in Athletes. PMC, 2024.

4. Athletes' basic psychological needs and emotions: the role of cognitive reappraisal. Frontiers in Psychology, 2023.

5. Stress and sport performance: a PNEI multidisciplinary approach. Frontiers in Psychology, 2024.

6. Sports injury and stressor-related disorder in competitive athletes. PMC, 2022.

7. Poorly Managed Stressors Contributing to an Affective Disorder in a High-Performance Athlete. PMC, 2023.

8. Mass General Brigham. Mental Health in Sports.

9. Montana State University Athletics. Mental Health: Impact on Performance.

10. McLean Hospital. Athletes and Mental Health: Pressure Behind the Performance.

11. Johns Hopkins Medicine. Student Athlete Mental Health. 2024.

12. Gunter Psychological Services. Managing Stress in Sport. 2024.

13. Sports Injury Bulletin. Painful Truths: The Physical Impacts of Emotional Stress.

14. Canyon Sports Therapy. How Stress Impacts Athletic Performance and Recovery. 2024.

15. Church D. (2022). Clinical EFT as an evidence-based practice. Frontiers in Psychology.

16. Church D. (2009). The Effect of EFT on Athletic Performance. Open Sports Sciences Journal.

17. Clinical EFT Improves Multiple Physiological Markers of Health. PMC, 2019.

18. Mollazadeh M, et al. (2025). Effectiveness of EFT on Competition Anxiety in Elite Taekwondo Athletes. Sports Medicine Research and Practice.

19. Cleveland Clinic. What Is EFT Tapping? 2024.

20. Church D, Downs D. Sports Confidence and Critical Incident Intensity After EFT. The Sport Journal.

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